Nadia Lamlili: Eternels mineurs!

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J’ai halluciné pendant le procès de Nichane qui s’est ouvert lundi. Non pas à cause du principe de la poursuite judiciaire contre des journalistes. Vous êtes nombreux à être pour et vous êtes tout aussi nombreux à être contre. C’est votre droit. Mais j’ai été scandalisée par les questions des juges, avilissantes, hors contexte, cherchant à réduire les deux journalistes à de “petits morveux” ayant fauté et devant proférer des excuses à leurs parents.

“Imagines que tu as un fils. Accepterais-tu de le laisser lire le dossier de Nichane sur les blagues?”, demande le juge à Sanae. Il continue: “Comment définis-tu les valeurs sacrées du Royaume? Je veux ton avis en tant que marocaine et non en tant que journaliste”. Et il continue toujours: ” Admettons qu’un journal étranger ait insulté tes parents sur ces colonnes, comment régairais-tu?”.

C’était une massacrade. Où est le procès la-dedans? Au lieu de questionner les deux inculpés sur le texte de leur article, le disséquer pour établir ou rejeter l’accusation, nos magistrats se sont lancés dans un interrogatoire populiste dont le but est, visiblement, d’essayer de pièger les concernés. Que vient faire les croyances personnelles dans ce procès? Qui juge-t-on? des journalistes ayant publié un article “offensif” ou leurs croyances personnelles et intimes? Si l’Etat s’amusait à espionner les cervaux des 30 millions de marocains, cela fait longtemps qu’il aurait eu une crise cardiaque.

Ce qui s’est passé ce lundi nous interpelle. Un tribunal qui examine un dossier en fonction des habitudes culturelles et religieuses des Marocains et non sur la base de la loi représente une sérieuse menace à la primauté de “l’Etat de droit”. Le juge a un statut qui diffère du marocain lambda. Il ne doit pas reproduire les mêmes questions, ni les mêmes interprétations. Il a entre ses mains un appareil légal qui repose sur la seule et unique force de la loi. Sinon, chacun de nous court le risque de se faire juger d’une façon arbitraire puisque son salut dépend de la mentalité du juge, de son degré d’ouverture, de son ralliement ou non à certaines idées politiques. C’est absurde. Oui totalement absurde. Nous sommes bien dans un Etat régi par des lois et non par des coutumes (Aâraf).

Le procureur a requis la peine de prison et l’interdiction d’exercice du métier. La première peine figure dans le Code de la presse. La deuixème non. Elle relève du droit pénal. Et elle est complètement anachronique car elle été conçue au départ pour les professions médicales pouvant aboutir à des décès. Le médecin fautif est interdit d’exercice pour ne pas reproduire son acte. Le journaliste “fautif” sera interdit de la même façon même s’il n’y pas de décès.

Même en présence de lois, nous tergiversons, nous ne savons pas sur quel pied danser…Sale temps
Nadia

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