Mise à mort de la presse indépendante

larbi
A l’exécution par pendaison de la presse indépendante au Maroc, on ignore lequel des gourous a tiré le plus sur la corde. Ils sont cruels et assez nombreux.

Ils ont tué le journal hebdomadaire

L’exécution du journal hebdo d’abord. Claude Moniquet l’heureux gagnant du tirage effectué au tribunal en février dernier a remporté la coquette somme de 270.000 euros dans un procès surréaliste intenté au Journal hebdomadaire. Un procès bien entendu téléguidé par les autorités marocaines qui veulent en finir avec une publication indépendante qui s’efforce de pratiquer un journalisme d’investigation sans complaisance et sans intransigeance. Aboubakr Jamaï, cet homme que le pouvoir a transformé en monstre absolu, est dans l’incapacité de payer les dommages et intérêts punitifs que les huissiers sont venus lui réclamer en guise de cadeau de fin d’année. Il lance un cri de détresse. Et comme pour parachever une mise à mort programmée un délai d’exécution a été fixé cette semaine : Payer ou Mourir. Ca sera fort probablement le peloton d’exécution.

Ils vont tuer Nichane

A la guerre comme à la guerre ! Dans un réquisitoire particulièrement atroce le procureur du roi (devrait-on dire Sa majesté le Roi Que Dieu Le glorifie) a requis, excusez du peu :
– Une peine de trois à cinq ans de prison à l’encontre des deux journalistes
– Leur interdiction d’exercer le métier de journaliste
– La fermeture définitive du journal.
– Une amende (c’est toujours bon à prendre pour un Etat devenu spécialiste en racket des journalistes).
Rien n’oblige le juge à suivre le réquisitoire. Hélas la machine est bien huilée : Le procureur du roi (va falloir revenir aux vielles habitudes et écrire Sa majesté le Roi Que Dieu Le glorifie) reçoit ses instructions auprès du ministre, et les transmettes en réquisitoire (pour la forme) au juge qui les transforme en sentence. Il faudrait évidemment un miracle pour qu’un bug juridique intervienne.

Et maintenant

En fait, on l’aura bien compris en ces affaires, c’est le temps du retour du bâton et ça va faire très mal. Encore faudrait-il qu’on ait cru un instant que le Maroc est une démocratie.
A l’imminent enterrement du « Journal Hebdomadaire » et de « Nichane » on ne sait toujours pas qui jettera sur les cercueils, la plus grosse pelletée de merde. Les discrets confrères seront présents pour pleurer des larmes de crocodiles, les cache-sexe s’empresseront pour apaiser les esprits, les intégristes et les sécuritaires sabreront dans la même soirée le misk et le champagne et peut être ils feront ensemble la fête et les prières.
Au retour du cimetière, on lira le Matin du Sahara, Aujourd’hui le Maroc et Attajdid, et le soir en bon sujets, on écoutera Mustapha Alaoui nous dire « oua ha houa sahibou Al Jalala nassarahou allahou oua ayadahou youhayi chaâbahou l’wafiyy bi yadaihi Al karimatayne, tahta houtafat al jamahir ».
Mais prés ça, le premier qui viendra nous parler de démocratie et de liberté d’expression prendra une raclée bien méritée. La séance est levée !

Larbi.org

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